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Kenza Yacoubi

L’adhésion durable à la démocratie, à ses principes et à ses valeurs, passe nécessairement par une éducation à la démocratie, à la citoyenneté et à l’analyse critique des médias. Cette éducation à la démocratie doit se faire dès le plus jeune âge, à l’école et dans les organisations de jeunesse, mais également pour les adultes, par un accompagnement des citoyens face à la multitude d’informations, notamment en déconstruisant les manipulations médiatiques, les « fake news » et les théories complotistes.

Être un citoyen actif signifie non seulement choisir ses représentants tous les cinq ou six ans mais aussi participer de manière régulière à la réflexion, au débat, à la décision et au contrôle démocratiques. A côté de la démocratie représentative, d’autres modèles doivent être développés. Il ne s’agit pas d’affaiblir l’un au profit des autres. Il s’agit juste de renforcer le poids des citoyens dans les décisions politiques, ce qui est logique dans une démocratie.

Les citoyens sont demandeurs d’une plus grande participation dans les processus décisionnels et ne veulent plus se contenter d’élire leurs représentants tous les cinq ou six ans. Ils souhaitent au contraire pouvoir agir plus directement et plus régulièrement sur les décisions.

Les défis auxquels fait face la démocratie sont nombreux. Il est indispensable d’apporter des réponses politiques aux difficultés économiques et sociales d’une partie grandissante de la population. Mais il est également indispensable d’apporter des réponses novatrices au désenchantement constaté par rapport à la démocratie représentative. Cela passe par un renforcement des processus démocratiques afin de les rendre plus participatifs, plus critiques, plus égalitaires, plus transparents.

Afin de renforcer l’éducation à la citoyenneté, nous devons :


    •    Renforcer les activités scolaires qui forment des citoyens critiques notamment via l’enseignement de l’histoire des génocides et des crimes contre l’humanité. En tant qu’élément essentiel de notre mémoire collective, l’histoire de la colonisation belge, dans toutes ses facettes, devra également bénéficier d’une attention accrue et être enseignée à tous les élèves de manière détaillée (crimes et racisme de l’Etat belge) ;

    •    Investir, notamment en collaboration avec les organismes d’éducation permanente, dans l’ « éducation citoyenne » et la lutte contre le racisme, le sexisme et le populisme en soutenant ou en initiant des actions, pérennes ou ponctuelles, en ce sens. Les différents niveaux de pouvoir, de l’Europe aux communes, doivent s’investir dans la promotion des valeurs démocratiques, notamment en suscitant une mise en perspective historique et en favorisant la déconstruction des mécanismes idéologiques et sociologiques sous-jacents au racisme et au sexisme ;

    •    Renforcer la politique d’éducation aux médias, mise en œuvre par le Conseil supérieur de l’éducation aux médias en collaboration avec les médias, l’enseignement obligatoire et l’éducation permanente notamment, afin d’offrir à chaque citoyen pendant son parcours scolaire et tout au long de sa vie un accès aux dispositifs d’éducation aux médias ;

    •    Inscrire un cours d’éducation aux médias dans la formation continue des enseignants, des journalistes et des professionnels des médias, afin qu’ils puissent intégrer ce facteur et mettre en œuvre ces compétences dans le futur exercice de leur métier ;


    •    Instaurer le référendum d’initiative citoyenne (RIC) tant au niveau fédéral qu’au niveau régional et local (voir fiche consacrée au référendum);

    •    Créer des commissions citoyennes dans les parlements et conseils communaux et provinciaux. Composées de citoyens volontaires, tirés au sort et représentatifs de la population, ces commissions citoyennes débattront périodiquement (deux sessions par an par exemple) de thématiques en rapport avec les compétences de l’assemblée concernée. Les conclusions de la commission, intégrant les avis minoritaires, seront transmises au parlement ou au conseil communal ou provincial qui sera chargé obligatoirement de les examiner et de les mettre en œuvre ou de justifier leur rejet ;


    •    Rendre obligatoire la création de conseils consultatifs thématiques (enfants, jeunes, ainés, personnes porteuses d’un handicap, etc.) au sein des conseils communaux et provinciaux. Ces conseils consultatifs permettent aux élus d’acquérir une connaissance plus fine des besoins de la population et aux citoyens participant d’expérimenter la démocratie participative et d’exprimer leurs demandes. Un financement régional sera mis en place pour aider les communes et les provinces à créer ces outils de démocratie participative ;

    •    Créer un droit d’initiative citoyenne, à l’instar de ce qui existe au Parlement de Wallonie. Dans le cadre d’une démocratie contributive, ce droit permettra aux citoyens d’adresser aux parlements et aux conseils communaux et provinciaux des propositions de mesures législatives ou réglementaires, en les motivant, ainsi que des amendements aux projets en cours d’examen ;

    •    Développer le droit de pétition tant au niveau fédéral, régional et de la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’au niveau des communes et des provinces. L’assemblée ou le conseil qui reçoit la pétition devra procéder à un examen obligatoire et circonstancié, en mettant la demande formulée en débat. De même, les Ministres veilleront à apporter une réponse circonstanciée à toute sollicitation citoyenne et de la société civile

KENZA YACOUBI

© 2019 Kenza Yacoubi tous droits réservés ! Site web propulsé par Artolia

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